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Fruits Rouges Thème : Indiens d’Amérique Quand Michel Jolivet m’a demandé ce que je pensais des Indiens d’Amérique, une bouffée d’enfance m’est revenue en mémoire : Quand je jouais aux Cow-boys et aux Indiens, j’étais naturellement viscéralement du côté des Indiens. Je retrouvais les paysages de mes jeux favoris : se perdre dans la forêt des Vosges, les sapins, la neige, grimper aux arbres, ramper sans bruit dans les fougères pour découvrir les campements de tipis s’allumer au crépuscule comme des tapis de lucioles. Le savoir à mains nues : être dans la forêt comme un poisson dans l’eau. Il y avait ce bonheur étrange de la vie des Indiens : Le plumage, les mocassins, les franges, les danses... Souplesse, secret, parole et grand savoir. Ces paroles fortes comme des brassées d’images, cette belle religion de la terre, autrement plus humaine que notre catéchisme d’aujourd’hui, écologiste, hygiéniste : consommateur ! Entre Mac Gyver et Little Big Man, je n’hésite pas un instant. Et puis, je dois avouer qu’à douze ans, je trouvais déjà les petites squaws tellement plus attirantes que les femmes blanches des convois.. Bien sûr, il y a notre honte du massacre des Indiens, le dégoût et la rage qu’il fait naître. Bien sûr, ils ne sont plus aujourd’hui pour nous que des images : je ne suis pas ethnologue, je n’en aurai sans doute jamais ni le goût, ni la manière. Mon regard est simplement reconnaissant : l’Homme Blanc que je suis aura toujours une dette envers ces Hommes Rouges : une dette de jeu d’enfant. En 1992, j’ai choisi de commémorer la découverte des Amériques, en rendant aux Amérindiens du Nord un peu de ce que je leur dois. A la manière du conteur que je suis : en tressant quelques unes des histoires qu’ils se racontaient, comme on partage en secret une poignée de fraises des bois. Pour nous en nourrir à notre tour. Sans nostalgie. Sans condescendance. Pour que tout simplement nous entendions ce que le vent d’Ouest nous murmure chaque jour à l’oreille : «Ils ne sont pas venus vivre et chanter sur cette terre en vain...» Parole de conteur... «Ce que je sais seulement, c’est ce que je te dois : autrefois tu es venu bondir, danser, rire, au beau milieu de mes jeux d’enfant... Je te salue Homme rouge.» Ils ont aimé... Et c’est tout simplement, sans préambule, que Michel Hindenoch évoque l’origine de l’Indien : terre glaise façonnée par le Grand Esprit puis cuite au four d’où sa couleur cuivré... Il enchaîne d’une voix douce, rythmée pzr les notes de l‘épinette et le souffle de la flûte de Pan.(...) En sa compagnie le temps a passé bien vite. Récit : Michel Hindenoch Durée : 1h15 à 1h30 / Pour tous, dès 9 ans (tiré du site: www.lessinguliers.fr)
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